Le vaginisme : quand le corps se protège

Douleurs, impossibilité de pénétration, examens gynécologiques difficiles… Le vaginisme est une réaction réflexe du corps, souvent liée à un mélange de facteurs physiques et émotionnels. Découvrez ce qui se cache derrière cette difficulté et comment avancer vers une sexualité plus sereine, à votre rythme.

Lucille Barillon

2/11/20263 min read

Le vaginisme : comprendre et dépasser cette difficulté

Le vaginisme est l'une des difficultés sexuelles les plus fréquentes, et pourtant, elle reste souvent mal comprise, même par celles qui la vivent. Si vous ressentez des douleurs ou une impossibilité de pénétration lors des rapports sexuels, lors de l'insertion d'un tampon ou même lors d'un examen gynécologique, je veux que vous sachiez quelque chose d'important : vous n'êtes pas seule, vous n'êtes pas "cassée", et surtout, ce n'est absolument pas de votre faute.

Qu'est-ce que le vaginisme ?

Le vaginisme, c'est une contraction involontaire et réflexe des muscles du périnée qui entourent le vagin. Imaginez quand vous fermez les yeux d'un coup face à une lumière trop forte, ou quand vous retirez votre main d'une surface brûlante : c'est un réflexe, quelque chose que votre corps fait tout seul pour vous protéger. Le vaginisme, c'est pareil. Cette contraction rend la pénétration difficile, voire impossible, et souvent douloureuse.

Et non, vous ne pouvez pas "juste vous détendre" ou "contrôler ça avec votre volonté". Ce serait comme essayer de décider de ne pas cligner des yeux quand quelque chose vole vers votre visage. Votre corps réagit avant même que vous ayez le temps d'y penser.

Il existe différents degrés de vaginisme. Pour certaines personnes, toute tentative de pénétration a toujours été impossible (on parle alors de vaginisme primaire). Pour d'autres, la pénétration était possible avant, mais ne l'est plus (vaginisme secondaire) parfois après un accouchement, une infection, un rapport douloureux, ou un événement difficile. Chaque histoire est unique.

D'où ça vient ? Un puzzle complexe

Le vaginisme n'a pas une seule et unique cause. C'est souvent un mélange de plusieurs facteurs qui s'entremêlent, et c'est justement ce qui le rend parfois difficile à comprendre.

Du côté du corps, il peut y avoir eu des infections à répétition, de l'endométriose, des cicatrices, une sécheresse vaginale, ou simplement une première expérience qui a fait mal et dont votre corps a gardé la mémoire. Parfois, le corps met en place ce réflexe de protection pour vous éviter de revivre cette douleur.

Du côté des émotions et de l'esprit, les racines peuvent être plus profondes : une éducation où la sexualité était un sujet honteux ou effrayant, des croyances rigides autour de la virginité ou de la "pureté", une peur de la pénétration, un manque de désir (parce que oui, le corps dit parfois "non" quand le cœur n'y est pas), des tensions dans le couple, ou encore un traumatisme sexuel que vous avez peut-être même enfoui.

Votre corps, dans sa sagesse, essaie de vous protéger de ce qu'il perçoit comme un danger. Ce n'est pas un ennemi, c'est un allié maladroit qui fait du mieux qu'il peut.

Ce que le vaginisme n'est PAS

Parce qu'il y a tellement d'idées fausses qui circulent, j'ai besoin de poser ça ici, clairement : Le vaginisme n'est pas un manque de volonté. Ce n'est pas un caprice, ni une façon détournée de "refuser" votre partenaire. Ce n'est pas parce que vous ne faites pas assez d'efforts, ou parce que vous êtes "trop dans votre tête". Ce n'est pas quelque chose que vous avez choisi, consciemment ou inconsciemment.

Et non, vous n'allez pas le régler en "essayant plus fort", en forçant, ou en vous soûlant pour "ne plus y penser". Ces injonctions, aussi bien intentionnées soient-elles, ne font qu'ajouter de la culpabilité et de la pression. Et la pression, c'est justement ce qui aggrave le vaginisme.

Le vaginisme ne signifie pas non plus que vous êtes condamnée à une vie sans sexualité épanouie. Avec le bon accompagnement, à votre rythme, sans forcer, il est tout à fait possible de retrouver une relation douce et apaisée avec votre corps.

Comment en sortir ? (Spoiler : doucement, et à votre rythme)

La première étape, souvent la plus difficile, c'est d'en parler. De mettre des mots sur ce que vous vivez, sans honte. Vous avez le droit d'avoir cette difficulté. Vous avez le droit d'avoir peur. Vous avez le droit de prendre le temps qu'il faut.

Un accompagnement médical peut être utile, les kinésithérapeutes pelviens peuvent être d'une grande aide.